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Artisan, artisan d’art, maître artisan : les titres

Publié le 15 juin 2012
Article restauré

Publié en juin 2012, alors qu’une réforme des titres professionnels de l’artisanat était en débat, cet article a été entièrement réécrit en août 2026 pour décrire les règles applicables.

L’essentiel

« Artisan » n’est pas un mot libre : la loi de 1996 et son décret d’application réservent la qualité d’artisan aux professionnels immatriculés justifiant d’un diplôme du métier ou de trois ans d’expérience. Le titre de maître artisan, plus exigeant, récompense le brevet de maîtrise ou un savoir-faire reconnu. Ces titres se vérifient auprès de la chambre de métiers : ils attestent d’une qualification, pas des assurances, qui se contrôlent séparément.

C’est quoi, un artisan, au sens légal ?

Le cadre vient de la loi du 5 juillet 1996 et de son décret de 1998 : relèvent de l’artisanat les entreprises immatriculées exerçant une activité de production, transformation, réparation ou prestation de services figurant à la nomenclature des métiers. Mais l’immatriculation ne suffit pas à porter le titre : la qualité d’artisan se revendique avec un CAP, un BEP ou un titre équivalent du métier exercé, ou à défaut trois années d’expérience professionnelle dans ce métier. C’est ce qui protège le client : derrière le mot « artisan », il doit y avoir une qualification vérifiable dans le métier annoncé.

Que signifient « artisan d’art » et « maître artisan » ?

  • Artisan d’art : la même logique de qualification, appliquée aux métiers d’art (ébénisterie, vitrail, taille de pierre, ferronnerie d’art…), dont la liste est fixée par arrêté.
  • Maître artisan : le titre le plus élevé. Il se demande à la chambre de métiers et de l’artisanat, avec le brevet de maîtrise et deux ans de pratique, ou après dix ans d’immatriculation pour un savoir-faire reconnu (participation à la formation, promotion du métier). Il se matérialise par un logo officiel que l’entreprise peut afficher.

L’épisode de 2012 qui motivait cet article visait justement à clarifier ces appellations, brouillées par des mentions commerciales comme « artisan qualifié », qui n’a jamais été un titre officiel : les seuls termes encadrés sont artisan, artisan d’art et maître artisan.

Comment vérifier le titre d’une entreprise ?

  1. Identifiez l’entreprise par son SIREN (devis, site, véhicule).
  2. Consultez l’Annuaire des entreprises (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) : immatriculation au registre national des entreprises, secteur métiers, dirigeants.
  3. Interrogez la chambre de métiers et de l’artisanat de votre région pour la qualité d’artisan ou le titre de maître artisan revendiqué.
  4. Croisez avec les qualifications volontaires (Qualibat, RGE, Qualifelec…) : distinctes des titres, elles certifient des compétences techniques par domaine et conditionnent certaines aides.

Ce que le titre garantit, et ce qu’il ne garantit pas

Un titre atteste d’une qualification : il ne remplace ni les assurances, ni le contrat. Sur un chantier de construction, exigez de chaque intervenant l’attestation de responsabilité civile professionnelle et d’assurance décennale en cours de validité, couvrant l’activité exercée, comme détaillé dans notre article sur la garantie décennale. Et si un professionnel se charge de l’ensemble de la maison sur plan, le cadre obligatoire reste le CCMI : les critères de choix sont dans notre annuaire des constructeurs.

Questions fréquentes

Quels sont les avantages du titre de maître artisan ?

Pour l’entreprise, une reconnaissance officielle du plus haut niveau de qualification, un logo distinctif et un atout commercial. Pour le client, un signal fort de savoir-faire, à croiser avec les références et les assurances.

Comment obtenir le titre de maître artisan ?

Sur demande à la chambre de métiers : brevet de maîtrise plus deux ans de pratique professionnelle, ou dix ans d’immatriculation avec un savoir-faire reconnu au titre de la promotion de l’artisanat.

Un auto-entrepreneur peut-il être artisan ?

Oui : le micro-entrepreneur exerçant un métier de l’artisanat est immatriculé comme tel et porte la qualité d’artisan aux mêmes conditions de diplôme ou d’expérience. Les obligations d’assurance du bâtiment s’appliquent à l’identique.