Portail éditorial indépendant · prix des terrains, PLU, CCMI · mis à jour octobre 2026
Terrains&Maisons terrainsmaisons.fr Trouver un terrain

Prix au m² d’un terrain non constructible : zones, régions, taxes

Publié le 17 octobre 2026
L’essentiel

Le prix au m² d’un terrain non constructible varie de 0,50 à 20 € selon quatre facteurs déterminants : le classement PLU (zone A ou N), la région, l’usage possible (terre agricole exploitable, forêt de conservation, prairie de loisirs) et la proximité d’une zone urbanisée. Une terre agricole française vaut en moyenne 0,50 à 3 €/m² (grandes cultures, élevage), une zone naturelle boisée 1 à 5 €/m². Un terrain en frange de zone U, sur lequel un reclassement futur est spéculativement anticipé, peut atteindre 20 €/m². Les vignes AOC, les zones AOP fromagères et les terrains en littoral échappent à ces fourchettes et peuvent culminer bien au-delà. À l’achat, la SAFER peut préempter les terres agricoles de plus d’un hectare au prix de référence local, généralement inférieur aux transactions libres. La taxe foncière sur les terres non bâties reste très faible : 5 à 25 € par hectare et par an dans la plupart des communes.

Comment fixer le prix d’un terrain non constructible

Le prix d’un terrain non constructible est libre entre le vendeur et l’acheteur, mais il s’articule autour de trois références objectives :

  • La base DVF (Demandes de Valeurs Foncières), publiée par la direction générale des Finances publiques sur data.gouv.fr, qui recense les transactions immobilières des cinq dernières années. Recherchez les ventes de terrains non bâtis dans la commune ou les communes voisines pour caler une fourchette.
  • Les valeurs locatives et ventes moyennes SAFER pour les terres agricoles, publiées annuellement dans l’étude « Le prix des terres » de la SAFER et de FranceAgriMer.
  • Le bilan pédologique et agronomique établi par un géomètre-expert ou un ingénieur agronome pour les grandes surfaces. Ce diagnostic prend en compte la qualité des sols, le potentiel de rendement, l’accessibilité et la présence d’équipements (fossés, irrigation).

Trois facteurs déterminent la valeur finale :

  1. La constructibilité résiduelle autorisée : un terrain N où un abri saisonnier ou une extension d’existant reste envisageable vaut davantage qu’une zone strictement protégée.
  2. L’usage agricole exploitable : terres à céréales productives, prairies pour élevage, vignes AOC ou zones AOP fromagères. Une vigne en appellation Bordeaux vaut de 20 000 à 400 000 € l’hectare selon le cru, sans commune mesure avec les 5 000 €/ha des grandes cultures céréalières.
  3. La continuité urbaine : une parcelle en frange d’une zone U existante intègre une prime spéculative anticipant un reclassement futur.
Champ de blé doré sous le soleil d été
Une terre à céréales dans le Bassin parisien vaut 0,80 à 1,50 €/m², soit 8 000 à 15 000 € l’hectare hors préemption SAFER. Photo : Karol Czinege via Pexels.

Prix au m² d’un terrain en zone naturelle

Une zone N (naturelle et forestière) du PLU se paie entre 1 et 5 €/m² en moyenne, avec des variations locales importantes. Les usages autorisés étant limités à la protection du site, la valeur repose principalement sur la spéculation et la valeur d’agrément (chasse, loisirs, patrimoine familial). Trois profils de terrain N structurent le marché :

  • Une forêt de production, exploitable pour le bois d’œuvre ou le bois de chauffage : 0,50 à 2 €/m² (5 000 à 20 000 €/ha). Le rendement en bois compense partiellement l’absence de constructibilité.
  • Une prairie de conservation ou une friche : 1 à 3 €/m² (10 000 à 30 000 €/ha). La valeur est essentiellement patrimoniale.
  • Un terrain N boisé en frange de zone urbanisée : 3 à 5 €/m² (30 000 à 50 000 €/ha). La prime spéculative anticipe un futur reclassement peu probable mais possible sur horizon 10-20 ans.

Les parcelles boisées d’agrément vendues comme jardin d’extension d’une propriété proche peuvent atteindre 5 à 8 €/m² dans les communes recherchées, sans lien avec la valeur productive du bois. Le marché fonctionne alors comme celui d’un actif de loisirs.

Vue aérienne de vignobles en Grand Est France
Les vignobles AOC échappent aux fourchettes agricoles courantes : de 20 000 € l’hectare pour les appellations génériques à plus de 400 000 € pour les grands crus classés. Photo : Julien Goettelmann via Pexels.

Prix au m² d’un terrain en zone agricole

Une zone A (agricole) se paie entre 0,30 et 3 €/m² pour les grandes cultures classiques (0,50 à 2 €/m² en moyenne nationale, soit 5 000 à 20 000 €/ha selon les régions). Les variations tiennent au type d’exploitation et à la qualité pédologique :

  • Terres à céréales (blé, maïs, colza) : 0,50 à 1,50 €/m² dans le Bassin parisien (Beauce, Champagne), 0,30 à 0,80 €/m² dans les régions moins productives.
  • Prairies naturelles pour l’élevage extensif : 0,20 à 0,80 €/m². Moins productives que les cultures, mais recherchées pour le lait AOP dans certains bassins.
  • Terres à maraîchage et zones d’arboriculture : 1 à 5 €/m². Rentabilité à l’hectare bien supérieure aux grandes cultures, valeur foncière plus élevée.
  • Vignobles AOC : 0,50 €/m² pour les appellations génériques, jusqu’à 40 €/m² pour les grands crus classés (Bordeaux, Bourgogne, Champagne). L’écart tient à la valeur du droit d’appellation.
  • Zones AOP fromagères (Comté, Beaufort, Roquefort) : 1 à 3 €/m², portées par la demande de fermiers agréés AOP.

Attention : la SAFER a un droit de préemption sur toute vente de terre agricole supérieure à 1 hectare, à un prix qu’elle fixe en référence aux transactions récentes de son département. Le prix SAFER est généralement 10 à 25 % inférieur aux transactions libres, ce qui peut faire tomber une vente si le vendeur refuse. Le vendeur peut alors retirer son bien mais ne peut le vendre à un tiers au-dessus du prix SAFER pendant plusieurs mois.

Vue aérienne de terres agricoles délimitées par une rivière
La proximité d’une zone urbanisée et la qualité pédologique expliquent la majorité des écarts régionaux, avant même l’usage. Photo : Marc Coenen via Pexels.

Prix au m² d’un terrain non constructible par région

Les prix constatés en 2024-2026 pour un terrain agricole standard (grandes cultures ou prairie) hors préemption SAFER varient fortement selon la région :

  • Beauce, Champagne, Picardie : 0,80 à 1,50 €/m². Sols riches, agriculture intensive, valeur foncière élevée pour la France.
  • Bretagne, Normandie : 0,50 à 1,20 €/m². Élevage laitier, bocage, morcellement historique.
  • Occitanie, Auvergne, Limousin : 0,30 à 0,80 €/m². Zones d’élevage extensif ou de grandes cultures moins productives.
  • PACA, Vallée du Rhône : 1 à 5 €/m² pour les grandes cultures, jusqu’à 30 €/m² pour les vignobles AOC.
  • Ceinture des grandes agglomérations (Île-de-France, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes) : 2 à 20 €/m² pour les zones A ou N proches d’une zone urbanisée. La spéculation sur un futur reclassement gonfle les prix.
  • Littoral atlantique et méditerranéen (loi Littoral) : 5 à 30 €/m² pour les zones N boisées ou agricoles, portées par la rareté du foncier.

Les DROM (Guadeloupe, Martinique, Réunion) affichent des prix agricoles nettement supérieurs, portés par les monocultures rentables (canne à sucre, banane) et la rareté des terres : 3 à 15 €/m² en zone A.

Quelle taxe payer sur un terrain non constructible

Trois taxes concernent le propriétaire d’un terrain non constructible en France :

  • La taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), prélevée annuellement par la commune. Elle repose sur la valeur locative cadastrale du terrain, largement inférieure aux valeurs de marché. La cotisation moyenne s’élève à 5 à 25 € par hectare et par an pour une terre agricole ou une zone N. Les exploitants agricoles bénéficient d’une exonération partielle (part départementale) sur les terres qu’ils cultivent.
  • L’impôt sur la fortune immobilière (IFI), pour les propriétaires dont le patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d’euros. Les terres agricoles peuvent bénéficier d’une exonération partielle (75 %) si elles sont l’objet d’un bail à long terme ou détenues via un groupement foncier agricole (GFA).
  • La plus-value immobilière lors de la revente, si celle-ci intervient moins de 22 ans après l’achat (30 ans pour les prélèvements sociaux). Le taux plein est de 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, avec un abattement progressif pour durée de détention. Après 22 ans, l’exonération est totale sur l’impôt sur le revenu.

À noter : lors d’un reclassement en zone U (rare mais possible), le propriétaire est redevable d’une taxe forfaitaire sur les terrains devenus constructibles à la revente (jusqu’à 10 % du prix), sauf exceptions liées à l’installation d’un agriculteur ou à la première cession dans la famille.

Qui fixe le prix d’un terrain

Le prix est libre entre le vendeur et l’acheteur, mais trois intervenants encadrent les transactions :

  • La SAFER peut préempter les terres agricoles de plus d’un hectare, au prix qu’elle fixe en référence aux transactions récentes. Elle est également active en tant que médiatrice entre vendeurs et candidats agriculteurs.
  • Le notaire vérifie la conformité du prix avec les usages locaux et peut signaler à l’administration fiscale une transaction manifestement sous-évaluée (risque de requalification en donation déguisée) ou surévaluée (blanchiment). Il conseille souvent une expertise préalable.
  • L’administration fiscale peut, en cas de transaction jugée anormalement basse, procéder à un redressement en imposant la plus-value comme si le prix de vente avait été aligné sur la valeur vénale de référence.

Pour une transaction sans risque, la meilleure démarche consiste à faire établir une estimation notariale ou une évaluation par un expert foncier agréé avant la signature du compromis. Le coût de 300 à 800 € évite les mauvaises surprises fiscales.

Aller plus loin

Le prix au m² d’un terrain non constructible s’articule avec celui du terrain constructible : notre analyse détaillée du prix d’un terrain constructible permet la comparaison directe. Pour comprendre les usages autorisés sur une parcelle non constructible et les voies pour la reclasser, consultez notre article dédié acheter un terrain à bâtir. La fiscalité des plus-values immobilières est détaillée dans notre article imposition sur la vente de terrains. Enfin, pour évaluer le prix moyen dans votre département, notre hub exemple des prix en Essonne illustre la démarche.

Questions fréquentes

Comment fixer le prix d’un terrain non constructible ?

Par référence à trois sources : la base DVF Etalab (transactions récentes du secteur), l’étude annuelle SAFER-FranceAgriMer sur les terres agricoles, et un bilan pédologique-agronomique par un géomètre-expert ou ingénieur agronome pour les grandes surfaces. Facteurs clés : constructibilité résiduelle, usage agricole exploitable, continuité urbaine (frange de zone U).

Quel est l’intérêt d’acheter un terrain non constructible ?

Prolonger un jardin existant à faible coût, placer une activité agricole ou horticole peu taxée, spéculer sur un futur reclassement en frange de zone U, ou diversifier un patrimoine via un groupement foncier agricole (GFA). Éviter : espérer y installer un logement permanent (interdit) ou obtenir un reclassement individuel garanti (jamais assuré).

Quelle est la taxe à payer sur un terrain non constructible ?

La taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), 5 à 25 € par hectare et par an. Les exploitants agricoles bénéficient d’une exonération partielle sur les terres qu’ils cultivent. Une taxe forfaitaire sur les terrains devenus constructibles peut s’appliquer en cas de reclassement puis revente. Les plus-values sont taxées à 36,2 % avec abattement pour durée de détention, exonération totale après 22 ans.

Quel est le prix au m² d’un terrain en zone naturelle ?

1 à 5 €/m² pour une zone N standard (forêt, prairie sauvage, friche). Une forêt de production vaut 0,50 à 2 €/m² (5 000 à 20 000 €/ha). Une parcelle boisée d’agrément en zone attractive peut atteindre 5 à 8 €/m². Un terrain N en frange de zone urbanisée peut monter à 3 à 5 €/m² grâce à la prime spéculative.

Quel est le tarif au m² d’un terrain non constructible ?

De 0,50 à 20 €/m² selon la localisation et le type de zone. Moyenne : 2 à 5 €/m² pour une parcelle agricole classique, 5 à 15 €/m² en zone N proche d’une ville, jusqu’à 20 €/m² en frange de communes attractives. Les vignes AOC et zones AOP peuvent dépasser ces fourchettes.

Qui fixe le prix du m² d’un terrain ?

Le prix est libre entre vendeur et acheteur. La SAFER peut préempter les terres agricoles de plus d’un hectare au prix qu’elle fixe (10 à 25 % inférieur aux transactions libres). Le notaire vérifie la conformité du prix. L’administration fiscale peut redresser une transaction manifestement sous-évaluée ou surévaluée.

Peut-on négocier le prix d’un terrain non constructible ?

Oui, sans limite légale entre particuliers. Trois arguments pèsent lourd : la qualité pédologique moyenne du sol, l’absence de proximité avec une zone urbanisée, et l’absence d’usage productif immédiat. Cite les prix de la base DVF Etalab dans le secteur et l’étude SAFER annuelle. La marge de négociation courante est de 10 à 25 % par rapport au prix affiché.

AV
Antoine Vasseur Rédacteur du dossier

Antoine se concentre sur l'urbanisme, le PLU et les questions foncières. Il lit les documents cadastraux, les certificats d'urbanisme et les études géotechniques comme d'autres lisent un roman — et traduit ces pièces techniques en repères concrets pour ceux qui cherchent un terrain.

▸ Voir les 11 articles signés Antoine Vasseur